17 décembre – Journée internationale de lutte aux violences faites aux travailleuses et aux travailleurs du sexe.

Pourquoi avoir une journée de lutte et de sensibilisation? Parce que, malheureusement, ces gens, hommes et femmes, cis ou trans, sont encore trop souvent victimes de violences physique, psychologique, sexuelle et financière. Parce qu’en 2017, au Canada, des travailleuses du sexe ont été tuées. Parce qu’encore en 2017, des préjugés subsistent à propos d’argent gagné en échange de services sexuels. Parce qu’en 2017, ces gens ne sont pas considérés comme des êtres humains, mais bien comme des objets, des personnes dont la vie à moins de valeur. Ils occupent le bas de l’échelle sociale. Ils sont une catégorie à part; des marginaux, « des étranges », des victimes.

Encore aujourd’hui, en 2017, les personnes travaillant dans l’industrie du sexe craignent le système judiciaire. Elles craignent de ne pas être prises au sérieux par la police quand elles portent plainte. Elles craignent de ne pas être crues. Elles craignent d’être identifiées. Elles craignent les représailles telles qu’une arrestation, une baisse de revenu, de la stigmatisation, etc. Elles craignent les commentaires désobligeants et les jugements. Elles craignent d’être traitées comme l’agresseur, comme la personne coupable, comme l’instigateur, plutôt que comme la victime.

Même si, récemment, le mouvement #moiaussi a mis sous les projecteurs la violence sexuelle faite aux femmes, la violence sexuelle faite aux travailleurs et travailleuses du sexe reste un sujet tabou, voir un aspect mis de côté. Ces personnes travaillant dans l’industrie du sexe font partie d’un des groupes les plus à risque de subir des violences quelle qu’en soit la forme. Ironiquement, ce sont ces victimes dont on entend le moins parler. Pourquoi? Parce qu’on sous-entend encore aujourd’hui que « c’est un risque du métier ». Parce qu’on déshumanise ces personnes qui exercent ce travail. Parce qu’on considère encore aujourd’hui que certains comportements violents sont plus acceptables sur une catégorie de personnes. Parce que parler sur la place publique comporte son lot d’effets pervers pour ce groupe de personnes pour qui la violence subie trouve une fausse justification.

Laissez-nous vous parler de ces femmes qui travaillent dans l’industrie du sexe à Laval. Elles sont des femmes, des mères, des entrepreneures, des étudiantes, des « sœurs de », des « filles de », des grands-mères, des partenaires de vie. Elles sont des femmes merveilleuses avec un parcours de vie riche en expériences et en apprentissage humain. Elles méritent d’être considérées, d’être respectées, d’être traitées comme des humains.

Les intervenantes du Projet Vénus travaillent auprès de ces femmes depuis quinze ans. Nous nous efforçons de défaire les préjugés et les mythes rattachés à l’industrie du sexe et aux femmes y travaillant. Nous voyons la femme et non le métier ou l’étiquette. Nos objectifs sont que ces femmes puissent travailler en toute sécurité, qu’elles soient outillées et informées pour le faire et qu’elles sentent que nous les respectons dans leur parcours de vie et leurs choix. Nous sommes là pour les écouter, les soutenir, les accompagner et défendre leurs droits.

Parce qu’en 2017 il y a encore trop d’agressions, peu importe leur nature, qui sont commises sur des travailleuses du sexe. Soyons solidaires. STOPPONS la violence envers les travailleurs et travailleuses du sexe.

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